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Mais vous, l’artiste, vous vous êtes échappé d’où ?…

Open Book On Wood Background - Photo © Robert Marfin / Photos.com« — […] Il y a un animal marin, j’ai oublié son nom, mais enfin un raviot vraiment très élémentaire, encore moins sérieux qu’une huître, disons, qui passe la première partie de sa vie à se chercher un lieu qui lui plaise, un rocher ou quelque chose comme ça. Et une fois qu’il l’a trouvé, qu’il a pris ses aises, il se dit c’est pas tout ça, mais maintenant il faut manger. Et comme au début il ne trouve rien, il commence à se manger lui-même. Et il décide, enfin si on peut appeler ça une décision, c’est un peu comme pour les vers de terre, il décide de manger la partie de lui-même qui désormais ne lui sert plus à rien. C’est laquelle, à votre avis ?
— Sais pas.
— Allons, faîtes un effort.
— Ses pattes ?
— Non, il n’en a pas. Il n’a même pas de pattes. Il décide de manger ce qui lui tient lieu de cerveau. Ca n’est pas admirable, ça ? Ce mec, enfin cet animal, dès qu’il a trouvé sa place, il se bouffe le cerveau. Vous me suivez ?
— Très bien. J’en sais peut-être plus que vous là-dessus. Moi, je me suis échappée de là-bas. Pour tomber ici, c’est vrai. Vous parlez d’une cavale… Mais vous, l’artiste, vous vous êtes échappé d’où ? »

Olivier Rolin, La langue (2000)

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Tout n’est pas dur chez le crocodile…

Open Book On Wood Background - Photo © Robert Marfin / Photos.com
« Tout n’est pas dur chez le crocodile. Les poumons sont spongieux, et il rêve sur la rive. »

Henri Michaux, Tranches de savoir (1950) in : Face aux verrous (1954)

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Nous étions une victoire qui ne prendrait jamais fin…

Open Book On Wood Background - Photo © Robert Marfin / Photos.com« Nous regardions couler devant nous l’eau grandissante. Elle effaçait d’un coup la montagne, se chassant de ses flancs maternels. Ce n’était pas un torrent qui s’offrait à son destin mais une bête ineffable dont nous devenions la parole et la substance. Elle nous tenait amoureux sur l’arc tout-puissant de son imagination. [...]. Adoptés par l’ouvert, poncés jusqu’à l’invisible, nous étions une victoire qui ne prendrait jamais fin. »

René Char, La fontaine narrative (1947) in : Fureur et mystère (1948)

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