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Il suffisait de pousser la porte…

Open Book On Wood Background - Photo © Robert Marfin / Photos.com« J’intitule cette confession : le retour du bonheur. J’entends par-là le retour à l’enfance. Cela n’est pas seulement que j’ai revécu mon enfance sur le divan, c’est que je l’ai libérée et maintenant elle est avec moi tout le temps. Quand je suis dans le jardin, je retrouve les plantes, les arbres, les fleurs de mon enfance et je n’hésite pas à leur parler. Avec les animaux aussi, j’ai cette intimité qu’ont d’emblée les enfants.

Enfin cela m’a rapprochée des gens. C’est toujours difficile, si délicat, si fragile, l’approche d’autrui, froissé pour un rien ! Toutefois, dès que je suis en face de quelqu’un, quels que soient son âge ou sa fonction, c’est à l’enfant en lui que je m’adresse avec confiance et je sais qu’il va me répondre. Il est parfois un peu surpris, puis cela se dénoue !

[...]

Toute différence de milieu, d’éducation, abolie, ils me confient sur-le-champ le meilleur d’eux-mêmes. Leurs craintes, aussi. C’est que nous nous retrouvons liés par nos enfances respectives, l’enfant en nous peut à nouveau donner libre cours à son émerveillement, sa joie d’exister, son envie d’aimer tout le monde. Et son besoin d’être rassuré par son prochain.

A ce moment-là, tout s’allège, des deux côtés.

C’est en cela que peut consister le bonheur et il nous attend derrière l’une des portes de notre être. Pendant des années, j’ai fait toujours le même rêve, que je confiais à l’analyste sans arriver à l’interpréter : soudain, dans mon appartement ou une maison, je poussais une porte qui m’était familière pour m’apercevoir qu’elle ouvrait sur un jardin, qui s’étendait à l’infini ! Alors je me disais : « Mais je l’avais toujours su que ce jardin était là ! » Sous-entendu : pourquoi ai-je attendu si longtemps pour y pénétrer ? Pour devenir qui je suis ?

L’analyse travaille à sa façon sur les portes et serrures, on essaie l’une après l’autre toutes les clés de l’énorme trousseau, semblable à celui des geôliers, qui s’alourdit d’année en année à notre ceinture (les clés des « non-dits »), pour s’apercevoir qu’on se donne un mal bien inutile, il suffisait de pousser la porte, elle était ouverte…

On n’y avait pas pensé, ou alors on avait peur ! J’ai eu si peur ! De quoi ? Je crois que c’était de rien.

Du bonheur, peut-être. »

Madeleine Chapsal, Le retour du bonheur (1990)

 

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Ce n’est pas en tuant ses parents que l’on devient adulte…

Open Book On Wood Background - Photo © Robert Marfin / Photos.com« Contrairement à une opinion très répandue, ce n’est pas en tuant ses parents que l’on devient adulte, mais en tuant l’enfant de ses parents, une cible beaucoup plus difficile. »

Benoîte Groult

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Did You Used to be R.D. Laing? (Full Documentary)

Video (EN, 1 h 32 min)

Did You Used to be R.D. Laing? (1989)

Full documentary portrait of Ronald David Laing (1927-1989) filmed in Vancouver by Kirk Tougas and Tom Shandel during the last two years of Laing’s life.

Released on Channel Four (UK) in October 1989.

Source: www.youtube.com/watch?v=86t5GWB5qRY

Film introduction:

“Scottish psychiatrist R.D. Laing gained a reputation in the late 1960′s for his radical objection to conventional psychiatry.

His early books “The Divided Self” and “The Politics of Experience” questioned the right of society to proclaim itself sane and others mad.

Protesting the “outrageous violence” inflicted on patients by drastic therapies like electric shock, he generated controversy with his willingness to try psychedelic drugs, meditation, and other unconventional techniques in search of a healing common ground between doctor and patient.

Now in his early 60′s, after some 35 years of professional practice, he agreed to be videotaped in public lectures and private conversations, giving this portrait of Ronald David Laing, psychiatrist.”

DVD Description:

“Drawing on stories from Laing’s own life and from his patients’ experiences, and following him through a series of lectures and workshops, the film presents a portrait of the radical psychiatrist as an engaging, witty and irreverent character.

Laing shares his insights into the art of therapy, the lies we tell each other in the name of love, the recurring patterns of behavior that sometimes can be traced to birth, and the regrettable human instinct to suppress any behavior and thought that is strange or disturbing.

The film reveals its subject as a thinker of great originality and genius whose compelling charisma and gusto made him an equally effective storyteller and prankster.”

Reviews:

“The film itself is a fine example of the subtle directness and simplicity that Laing asks for, being at once convivial and co-present.” — The Guardian

“Fascinating profile of the radical psychiatrist, the viewing surprise of the week.” — The Sunday Times

“Laing is pure pleasure to watch, a huge spirit, genuinely loving and completely honest. This portrait of him is completely inspiring.” — The Vancouver Sun
 

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Ce n’est pas à l’intelligence que l’art s’adresse…

André Malraux, 1974 - Photo © Roger Pic / Public Domain« — Ce n’est pas à l’intelligence que l’art s’adresse. Ni à la connaissance. Ni à la bonne volonté. S’il frappe, c’est au-dessous du conscient, parce qu’en taillant son marbre Michel-Ange accomplissait un acte magique. Tout à l’heure, vous m’avez demandé : « Pour éveiller le sentiment de l’art chez un adolescent, devant quelle œuvre le conduiriez-vous ? » Je vous réponds ici : « Je ne sais pas. Cet adolescent n’existe pas dans ce salon en ce moment. » Un enfant, vous ne pouvez que le suivre où il va. Peu importe s’il commence avec une collection de cartes postales : cela prouve au moins qu’il aime les images. En le poussant juste un peu, vous le retrouverez vite en train de choisir ses cartes postales au musée du Louvre. Et à partir de là… Un être sensible remonte presque tout seul jusqu’à Praxitèle. Un être insensible… n’a pas besoin de Praxitèle. L’art est comme Dieu : on ne le cherche que quand on l’a déjà trouvé. »

André Malraux, Elle a des ailes ! (1975)
in : Les réalités et les comédies du monde (1996)

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Une enfance sans grenier…

Open Book On Wood Background - Photo © Robert Marfin / Photos.com
« Une enfance sans grenier est comme un cheval sans ailes [...] »

Alexandre Vialatte, L’algèbre du surnaturel, in :
Dernières nouvelles de l’homme (1978)

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