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You must learn one thing…

Open Book On Wood Background - Photo © Robert Marfin / Photos.com

“When your eyes are tired
the world is tired also.

When your vision has gone
no part of the world can find you.

Time to go into the dark
where the night has eyes 
to recognize its own.

There you can be sure
you are not beyond love.

The dark will be your womb
tonight.

The night will give you a horizon
further than you can see.

You must learn one thing: 
the world was made to be free in.

Give up all the other worlds
except the one to which you belong.

Sometimes it takes darkness and the sweet
confinement of your aloneness
to learn

anything or anyone
that does not bring you alive

is too small for you.”


David Whyte, Sweet Darkness, in: The House of Belonging (1996) 
 

Posted in: Citations (EN), Coaching de vie (EN), Développement personnel (EN), Poésie (EN)

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B. Tavernier – La vie et rien d’autre (1989) – La lettre d’amour

Vidéo (FR, 4 min)

Bertrand Tavernier – La vie et rien d’autre (1989) – La lettre d’amour

Avec : Philippe Noiret et Sabine Azéma

Source : www.youtube.com/watch?v=BNfRsCctkbQ

« Bédarieux, 6 janvier 1922

Irène, très chère Irène,

Votre lettre m’a donné une grande joie parce qu’elle m’apportait un grand espoir. Enfin vous ! Enfin, quelques mots me rendaient votre voix, votre regard, l’émouvante silhouette de mes jours et de mes nuits de solitude ! Dieu veuille que mon message vous atteigne à New York avant ce grand départ que vous m’annoncez pour le Wisconsin. J’ai eu du mal à le découvrir sur mon globe ; comment vous y retrouverais-je, si vous aviez l’imprudence d’aller vous y perdre ?

“Nouvelle vie, dites-vous, nouvelles têtes, nouveau départ.” Qu’avez-vous besoin de toute cette nouveauté, vous qui renouvelez si bien toute chose, et notamment le vieux cœur des vieux hommes ?

Vous n’avez compris ni mon trouble, ni mon silence : ai-je compris moi-même ? J’étais, je suis encore tremblant de mon immense tendresse, et votre véhémence, votre flamme me paralysaient… Nuit effrayante dans mon souvenir… Il suffisait que je murmure les trois mots dont vous me lanciez le défi, et je me suis tû… Aujourd’hui, je les crie cent fois par jour, de toutes les forces qui me restent, souhaitant qu’ils passent la formidable étendue qui nous sépare : je vous aime, oui, je vous aime, à jamais.

Cet aveu vous donnera peut-être à rire après tant de mois de séparation. Il me soulage. Il m’assure que je suis vivant, en paix avec moi-même. Le reste n’est que broutille.

J’ai pris de grandes résolutions. Par exemple celle de me séparer de l’armée, laquelle d’ailleurs n’a fait aucune difficulté pour me libérer. Et comme je n’ai de goût, ni pour les villes, ni pour les cravates, j’ai regagné la terre de mon enfance, où je dispose d’une maison de famille entourée de quelques hectares de rocaille et de vignoble.

Je vous offre, sans trop d’illusion, cette royauté dérisoire.

Il est dix heures du soir. L’air sent le crottin, la menthe et le caramel, parce que j’ai fait tomber du sucre sur ma cuisinière. Demain matin j’irai voir si les sangliers de mon petit bois sont partis pour l’Espagne, et je commencerai d’attendre, de vous attendre. J’attends déjà. Je n’attendrai pas plus de cent ans. Mettons, cent un ans.

Post-scriptum : c’est la dernière fois que je vous importune avec mes chiffres terribles. Mais par comparaison avec le temps mis par les troupes alliées à descendre les Champs-Elysées lors du défilé de la Victoire, environ trois heures je crois, j’ai calculé que, dans les mêmes conditions de vitesse de marche et de formation réglementaire, le défilé des pauvres morts de cette inexpiable folie n’aurait pas duré moins de onze jours et onze nuits. Pardonnez-moi cette précision accablante.

A vous, ma vie… »

Séquence finale du film La vie et rien d’autre (1989, France)

Réalisation : Bertrand Tavernier
Scénario : Jean Cosmos et Bertrand Tavernier
Dialogues  : Jean Cosmos
Musique  : Oswald d’Andréa
Photographie : Bruno de Keyzer

Avec : Philippe Noiret (Commandant Delaplane), Sabine Azéma (Irène de Courtil)

Les plans français de la fin du film furent tournés dans le domaine que Philippe Noiret possédait à Turcy, sur la commune de Montréal, dans l’Aude. (Source : fr.wikipedia.org/wiki/La_Vie_et_rien_d’autre)

Posted in: Cinéma (FR), Citations (FR), Littérature (FR)

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Did You Used to be R.D. Laing? (Full Documentary)

Video (EN, 1 h 32 min)

Did You Used to be R.D. Laing? (1989)

Full documentary portrait of Ronald David Laing (1927-1989) filmed in Vancouver by Kirk Tougas and Tom Shandel during the last two years of Laing’s life.

Released on Channel Four (UK) in October 1989.

Source: www.youtube.com/watch?v=86t5GWB5qRY

Film introduction:

“Scottish psychiatrist R.D. Laing gained a reputation in the late 1960′s for his radical objection to conventional psychiatry.

His early books “The Divided Self” and “The Politics of Experience” questioned the right of society to proclaim itself sane and others mad.

Protesting the “outrageous violence” inflicted on patients by drastic therapies like electric shock, he generated controversy with his willingness to try psychedelic drugs, meditation, and other unconventional techniques in search of a healing common ground between doctor and patient.

Now in his early 60′s, after some 35 years of professional practice, he agreed to be videotaped in public lectures and private conversations, giving this portrait of Ronald David Laing, psychiatrist.”

DVD Description:

“Drawing on stories from Laing’s own life and from his patients’ experiences, and following him through a series of lectures and workshops, the film presents a portrait of the radical psychiatrist as an engaging, witty and irreverent character.

Laing shares his insights into the art of therapy, the lies we tell each other in the name of love, the recurring patterns of behavior that sometimes can be traced to birth, and the regrettable human instinct to suppress any behavior and thought that is strange or disturbing.

The film reveals its subject as a thinker of great originality and genius whose compelling charisma and gusto made him an equally effective storyteller and prankster.”

Reviews:

“The film itself is a fine example of the subtle directness and simplicity that Laing asks for, being at once convivial and co-present.” — The Guardian

“Fascinating profile of the radical psychiatrist, the viewing surprise of the week.” — The Sunday Times

“Laing is pure pleasure to watch, a huge spirit, genuinely loving and completely honest. This portrait of him is completely inspiring.” — The Vancouver Sun
 

Posted in: Psychothérapie (EN)

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L’eau vive est à jamais au temps présent…

Open Book On Wood Background - Photo © Robert Marfin / Photos.com« Quand je me sens vulnérable, j’aime prendre ma voiture et partir vers une ville lointaine, distante d’au moins quelques centaines de kilomètres des trois modestes lieux où vit ma famille ; [...]. Là, je me dépouille de mes systèmes de survie et il y a de fortes chances pour qu’au bout d’un jour ou deux je découvre l’étiologie de ce qui me tracasse, sans jamais oublier que la vie examinée à la loupe ne mérite pas d’être vécue. Le plus souvent, rien de particulier ne me tracasse, du moins rien qui ne soit aussitôt rectifiable, rien d’autre que le besoin de faire un pas de côté loin de ma vie pendant un ou deux jours et de marcher en pays inconnu. Peu après l’aube, équipé d’une carte de la région, je me promène dans les champs déserts, les canyons, les bois, mais de préférence près d’un torrent ou d’une rivière, car depuis l’enfance j’aime leur bruit. L’eau vive est à jamais au temps présent, un état que nous évitons assez douloureusement. J’ai toujours privilégié les lieux sans qualités pour des raisons d’anonymat. Et que l’on soit en pays inconnu, même modestement inconnu, hausse le niveau de l’attention, peut-être pour des raisons génétiques. Qui vient ici ? Pas grand monde. »

Jim Harrison, En marge : Mémoires (2002)

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