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Mais vous, l’artiste, vous vous êtes échappé d’où ?…

Open Book On Wood Background - Photo © Robert Marfin / Photos.com« — […] Il y a un animal marin, j’ai oublié son nom, mais enfin un raviot vraiment très élémentaire, encore moins sérieux qu’une huître, disons, qui passe la première partie de sa vie à se chercher un lieu qui lui plaise, un rocher ou quelque chose comme ça. Et une fois qu’il l’a trouvé, qu’il a pris ses aises, il se dit c’est pas tout ça, mais maintenant il faut manger. Et comme au début il ne trouve rien, il commence à se manger lui-même. Et il décide, enfin si on peut appeler ça une décision, c’est un peu comme pour les vers de terre, il décide de manger la partie de lui-même qui désormais ne lui sert plus à rien. C’est laquelle, à votre avis ?
— Sais pas.
— Allons, faîtes un effort.
— Ses pattes ?
— Non, il n’en a pas. Il n’a même pas de pattes. Il décide de manger ce qui lui tient lieu de cerveau. Ca n’est pas admirable, ça ? Ce mec, enfin cet animal, dès qu’il a trouvé sa place, il se bouffe le cerveau. Vous me suivez ?
— Très bien. J’en sais peut-être plus que vous là-dessus. Moi, je me suis échappée de là-bas. Pour tomber ici, c’est vrai. Vous parlez d’une cavale… Mais vous, l’artiste, vous vous êtes échappé d’où ? »

Olivier Rolin, La langue (2000)

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Il suffisait de pousser la porte…

Open Book On Wood Background - Photo © Robert Marfin / Photos.com« J’intitule cette confession : le retour du bonheur. J’entends par-là le retour à l’enfance. Cela n’est pas seulement que j’ai revécu mon enfance sur le divan, c’est que je l’ai libérée et maintenant elle est avec moi tout le temps. Quand je suis dans le jardin, je retrouve les plantes, les arbres, les fleurs de mon enfance et je n’hésite pas à leur parler. Avec les animaux aussi, j’ai cette intimité qu’ont d’emblée les enfants.

Enfin cela m’a rapprochée des gens. C’est toujours difficile, si délicat, si fragile, l’approche d’autrui, froissé pour un rien ! Toutefois, dès que je suis en face de quelqu’un, quels que soient son âge ou sa fonction, c’est à l’enfant en lui que je m’adresse avec confiance et je sais qu’il va me répondre. Il est parfois un peu surpris, puis cela se dénoue !

[...]

Toute différence de milieu, d’éducation, abolie, ils me confient sur-le-champ le meilleur d’eux-mêmes. Leurs craintes, aussi. C’est que nous nous retrouvons liés par nos enfances respectives, l’enfant en nous peut à nouveau donner libre cours à son émerveillement, sa joie d’exister, son envie d’aimer tout le monde. Et son besoin d’être rassuré par son prochain.

A ce moment-là, tout s’allège, des deux côtés.

C’est en cela que peut consister le bonheur et il nous attend derrière l’une des portes de notre être. Pendant des années, j’ai fait toujours le même rêve, que je confiais à l’analyste sans arriver à l’interpréter : soudain, dans mon appartement ou une maison, je poussais une porte qui m’était familière pour m’apercevoir qu’elle ouvrait sur un jardin, qui s’étendait à l’infini ! Alors je me disais : « Mais je l’avais toujours su que ce jardin était là ! » Sous-entendu : pourquoi ai-je attendu si longtemps pour y pénétrer ? Pour devenir qui je suis ?

L’analyse travaille à sa façon sur les portes et serrures, on essaie l’une après l’autre toutes les clés de l’énorme trousseau, semblable à celui des geôliers, qui s’alourdit d’année en année à notre ceinture (les clés des « non-dits »), pour s’apercevoir qu’on se donne un mal bien inutile, il suffisait de pousser la porte, elle était ouverte…

On n’y avait pas pensé, ou alors on avait peur ! J’ai eu si peur ! De quoi ? Je crois que c’était de rien.

Du bonheur, peut-être. »

Madeleine Chapsal, Le retour du bonheur (1990)

 

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Irène Grosjean ou la vie en abondance (2013)

Video (FR, 1 h 27 min)

Irène Grosjean ou la vie en abondance (2013)

Le Chou Brave, magazine de l’alimentation vivante et de l’abondance,
rencontre Irène Grosjean, naturopathe, vivant à proximité d’Avignon (juillet 2013)

Journaliste : Carine Phung
Assistant plateau : Christophe Fender
Photographe / Vidéaste : Yann Deva

« Le corps répond à quatre lois de base primordiales : respirer, se nourrir, dormir et éliminer. Pour Irène Grosjean, naturopathe depuis 55 ans, l’alimentation joue donc un rôle essentiel : il s’agit d’offrir à son corps le carburant qui lui est le plus adapté. Qui plus est, il s’agit de favoriser l’élimination et de nettoyer les liquides dans lesquels baignent nos cellules. Par ces deux axes, nous pouvons retrouver tout ce que la nature a prévu pour nous : la santé, la joie, la créativité et tout le bon de la vie.

Ainsi, il n’est pas “naturel” d’être en mauvaise santé, de ressasser des idées noires, d’éprouver un manque d’énergie chronique, de vieillir douloureusement, etc. Pour preuve, cette naturopathe de 83 ans déborde d’énergie et de vitalité. Elle donne toujours de nombreuses consultations, anime des stages d’alimentation vivante, propose des conférences et travaille à divers projets, dont la création d’une école pratique de santé au Maroc.

Entretien avec cette “grande” dame pleine de sagesse et de bon sens qui partage avec nous ses idées sur ce bon sens à acquérir, cette juste direction que nous pouvons choisir, et sur la Vie en général qui nous est donnée à tous, et en abondance ! »

Source : www.youtube.com/watch?v=3pupDVbec2s
via : lechoubrave.fr/irene-grosjean-reportage

Heart design - Photo © Unknown / RGBStock.com Liens utiles :
Irène Grosjean / Santé Naturopathie (fr) - www.santenaturopathie.com
Le Chou Brave / Site web (fr) - lechoubrave.fr
Le Chou Brave TV / YouTube (fr) - www.youtube.com/user/choubravetv

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B. Tavernier – La vie et rien d’autre (1989) – La lettre d’amour

Vidéo (FR, 4 min)

Bertrand Tavernier – La vie et rien d’autre (1989) – La lettre d’amour

Avec : Philippe Noiret et Sabine Azéma

Source : www.youtube.com/watch?v=BNfRsCctkbQ

« Bédarieux, 6 janvier 1922

Irène, très chère Irène,

Votre lettre m’a donné une grande joie parce qu’elle m’apportait un grand espoir. Enfin vous ! Enfin, quelques mots me rendaient votre voix, votre regard, l’émouvante silhouette de mes jours et de mes nuits de solitude ! Dieu veuille que mon message vous atteigne à New York avant ce grand départ que vous m’annoncez pour le Wisconsin. J’ai eu du mal à le découvrir sur mon globe ; comment vous y retrouverais-je, si vous aviez l’imprudence d’aller vous y perdre ?

“Nouvelle vie, dites-vous, nouvelles têtes, nouveau départ.” Qu’avez-vous besoin de toute cette nouveauté, vous qui renouvelez si bien toute chose, et notamment le vieux cœur des vieux hommes ?

Vous n’avez compris ni mon trouble, ni mon silence : ai-je compris moi-même ? J’étais, je suis encore tremblant de mon immense tendresse, et votre véhémence, votre flamme me paralysaient… Nuit effrayante dans mon souvenir… Il suffisait que je murmure les trois mots dont vous me lanciez le défi, et je me suis tû… Aujourd’hui, je les crie cent fois par jour, de toutes les forces qui me restent, souhaitant qu’ils passent la formidable étendue qui nous sépare : je vous aime, oui, je vous aime, à jamais.

Cet aveu vous donnera peut-être à rire après tant de mois de séparation. Il me soulage. Il m’assure que je suis vivant, en paix avec moi-même. Le reste n’est que broutille.

J’ai pris de grandes résolutions. Par exemple celle de me séparer de l’armée, laquelle d’ailleurs n’a fait aucune difficulté pour me libérer. Et comme je n’ai de goût, ni pour les villes, ni pour les cravates, j’ai regagné la terre de mon enfance, où je dispose d’une maison de famille entourée de quelques hectares de rocaille et de vignoble.

Je vous offre, sans trop d’illusion, cette royauté dérisoire.

Il est dix heures du soir. L’air sent le crottin, la menthe et le caramel, parce que j’ai fait tomber du sucre sur ma cuisinière. Demain matin j’irai voir si les sangliers de mon petit bois sont partis pour l’Espagne, et je commencerai d’attendre, de vous attendre. J’attends déjà. Je n’attendrai pas plus de cent ans. Mettons, cent un ans.

Post-scriptum : c’est la dernière fois que je vous importune avec mes chiffres terribles. Mais par comparaison avec le temps mis par les troupes alliées à descendre les Champs-Elysées lors du défilé de la Victoire, environ trois heures je crois, j’ai calculé que, dans les mêmes conditions de vitesse de marche et de formation réglementaire, le défilé des pauvres morts de cette inexpiable folie n’aurait pas duré moins de onze jours et onze nuits. Pardonnez-moi cette précision accablante.

A vous, ma vie… »

Séquence finale du film La vie et rien d’autre (1989, France)

Réalisation : Bertrand Tavernier
Scénario : Jean Cosmos et Bertrand Tavernier
Dialogues  : Jean Cosmos
Musique  : Oswald d’Andréa
Photographie : Bruno de Keyzer

Avec : Philippe Noiret (Commandant Delaplane), Sabine Azéma (Irène de Courtil)

Les plans français de la fin du film furent tournés dans le domaine que Philippe Noiret possédait à Turcy, sur la commune de Montréal, dans l’Aude. (Source : fr.wikipedia.org/wiki/La_Vie_et_rien_d’autre)

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If you surrendered to the air…

Open Book On Wood Background - Photo © Robert Marfin / Photos.com
“If you surrendered to the air, you could ride it.”

Toni Morrison, Song of Solomon (1977)

 

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Life is its own answer…

Open Book On Wood Background - Photo © Robert Marfin / Photos.com
“Life is its own answer”

Ray Bradbury, The Martian Chronicles (1950)

 

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Did You Used to be R.D. Laing? (Full Documentary)

Video (EN, 1 h 32 min)

Did You Used to be R.D. Laing? (1989)

Full documentary portrait of Ronald David Laing (1927-1989) filmed in Vancouver by Kirk Tougas and Tom Shandel during the last two years of Laing’s life.

Released on Channel Four (UK) in October 1989.

Source: www.youtube.com/watch?v=86t5GWB5qRY

Film introduction:

“Scottish psychiatrist R.D. Laing gained a reputation in the late 1960′s for his radical objection to conventional psychiatry.

His early books “The Divided Self” and “The Politics of Experience” questioned the right of society to proclaim itself sane and others mad.

Protesting the “outrageous violence” inflicted on patients by drastic therapies like electric shock, he generated controversy with his willingness to try psychedelic drugs, meditation, and other unconventional techniques in search of a healing common ground between doctor and patient.

Now in his early 60′s, after some 35 years of professional practice, he agreed to be videotaped in public lectures and private conversations, giving this portrait of Ronald David Laing, psychiatrist.”

DVD Description:

“Drawing on stories from Laing’s own life and from his patients’ experiences, and following him through a series of lectures and workshops, the film presents a portrait of the radical psychiatrist as an engaging, witty and irreverent character.

Laing shares his insights into the art of therapy, the lies we tell each other in the name of love, the recurring patterns of behavior that sometimes can be traced to birth, and the regrettable human instinct to suppress any behavior and thought that is strange or disturbing.

The film reveals its subject as a thinker of great originality and genius whose compelling charisma and gusto made him an equally effective storyteller and prankster.”

Reviews:

“The film itself is a fine example of the subtle directness and simplicity that Laing asks for, being at once convivial and co-present.” — The Guardian

“Fascinating profile of the radical psychiatrist, the viewing surprise of the week.” — The Sunday Times

“Laing is pure pleasure to watch, a huge spirit, genuinely loving and completely honest. This portrait of him is completely inspiring.” — The Vancouver Sun
 

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L’eau vive est à jamais au temps présent…

Open Book On Wood Background - Photo © Robert Marfin / Photos.com« Quand je me sens vulnérable, j’aime prendre ma voiture et partir vers une ville lointaine, distante d’au moins quelques centaines de kilomètres des trois modestes lieux où vit ma famille ; [...]. Là, je me dépouille de mes systèmes de survie et il y a de fortes chances pour qu’au bout d’un jour ou deux je découvre l’étiologie de ce qui me tracasse, sans jamais oublier que la vie examinée à la loupe ne mérite pas d’être vécue. Le plus souvent, rien de particulier ne me tracasse, du moins rien qui ne soit aussitôt rectifiable, rien d’autre que le besoin de faire un pas de côté loin de ma vie pendant un ou deux jours et de marcher en pays inconnu. Peu après l’aube, équipé d’une carte de la région, je me promène dans les champs déserts, les canyons, les bois, mais de préférence près d’un torrent ou d’une rivière, car depuis l’enfance j’aime leur bruit. L’eau vive est à jamais au temps présent, un état que nous évitons assez douloureusement. J’ai toujours privilégié les lieux sans qualités pour des raisons d’anonymat. Et que l’on soit en pays inconnu, même modestement inconnu, hausse le niveau de l’attention, peut-être pour des raisons génétiques. Qui vient ici ? Pas grand monde. »

Jim Harrison, En marge : Mémoires (2002)

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Adyashanti – Welcome To Reality (2005) (excerpt)

Video (EN, 9 min)

Adyashanti – Welcome To Reality (2005) (excerpt)

“There is only one true inevitability, it’s: you can’t avoid your true nature forever. It’s not possible. [...] You can’t avoid yourself indefinitely. You can do it for a damn long time — but you can’t do it indefinitely.” (Adyashanti @1:30)

Recorded on August 20, 2005 in Santa Cruz, CA.

Source: www.youtube.com/watch?v=lFX9_HboI4c

Heart design - Photo © Unknown / RGBStock.com
Liens utiles (en anglais) :

Adyashanti / Official website - www.adyashanti.org
Adyashanti / Sounds True
- www.soundstrue.com/shop/authors/Adyashanti

 

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Le véritable esprit de révolte…

Open Book On Wood Background - Photo © Robert Marfin / Photos.com


« Le véritable esprit de révolte consiste à exiger le bonheur ici, dans la vie. »

Henrik Ibsen, Les revenants (1881)

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Le plus léger, le plus subtil des apprentissages…

Open Book On Wood Background - Photo © Robert Marfin / Photos.com
« Vivre, connaître la vie, c’est le plus léger, le plus subtil des apprentissages. Rien à voir avec le savoir. »

J. M. G. Le Clézio, L’inconnu sur la terre

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