Posts Tagged VOIX

B. Tavernier – La vie et rien d’autre (1989) – La lettre d’amour

Vidéo (FR, 4 min)

Bertrand Tavernier – La vie et rien d’autre (1989) – La lettre d’amour

Avec : Philippe Noiret et Sabine Azéma

Source : www.youtube.com/watch?v=BNfRsCctkbQ

« Bédarieux, 6 janvier 1922

Irène, très chère Irène,

Votre lettre m’a donné une grande joie parce qu’elle m’apportait un grand espoir. Enfin vous ! Enfin, quelques mots me rendaient votre voix, votre regard, l’émouvante silhouette de mes jours et de mes nuits de solitude ! Dieu veuille que mon message vous atteigne à New York avant ce grand départ que vous m’annoncez pour le Wisconsin. J’ai eu du mal à le découvrir sur mon globe ; comment vous y retrouverais-je, si vous aviez l’imprudence d’aller vous y perdre ?

“Nouvelle vie, dites-vous, nouvelles têtes, nouveau départ.” Qu’avez-vous besoin de toute cette nouveauté, vous qui renouvelez si bien toute chose, et notamment le vieux cœur des vieux hommes ?

Vous n’avez compris ni mon trouble, ni mon silence : ai-je compris moi-même ? J’étais, je suis encore tremblant de mon immense tendresse, et votre véhémence, votre flamme me paralysaient… Nuit effrayante dans mon souvenir… Il suffisait que je murmure les trois mots dont vous me lanciez le défi, et je me suis tû… Aujourd’hui, je les crie cent fois par jour, de toutes les forces qui me restent, souhaitant qu’ils passent la formidable étendue qui nous sépare : je vous aime, oui, je vous aime, à jamais.

Cet aveu vous donnera peut-être à rire après tant de mois de séparation. Il me soulage. Il m’assure que je suis vivant, en paix avec moi-même. Le reste n’est que broutille.

J’ai pris de grandes résolutions. Par exemple celle de me séparer de l’armée, laquelle d’ailleurs n’a fait aucune difficulté pour me libérer. Et comme je n’ai de goût, ni pour les villes, ni pour les cravates, j’ai regagné la terre de mon enfance, où je dispose d’une maison de famille entourée de quelques hectares de rocaille et de vignoble.

Je vous offre, sans trop d’illusion, cette royauté dérisoire.

Il est dix heures du soir. L’air sent le crottin, la menthe et le caramel, parce que j’ai fait tomber du sucre sur ma cuisinière. Demain matin j’irai voir si les sangliers de mon petit bois sont partis pour l’Espagne, et je commencerai d’attendre, de vous attendre. J’attends déjà. Je n’attendrai pas plus de cent ans. Mettons, cent un ans.

Post-scriptum : c’est la dernière fois que je vous importune avec mes chiffres terribles. Mais par comparaison avec le temps mis par les troupes alliées à descendre les Champs-Elysées lors du défilé de la Victoire, environ trois heures je crois, j’ai calculé que, dans les mêmes conditions de vitesse de marche et de formation réglementaire, le défilé des pauvres morts de cette inexpiable folie n’aurait pas duré moins de onze jours et onze nuits. Pardonnez-moi cette précision accablante.

A vous, ma vie… »

Séquence finale du film La vie et rien d’autre (1989, France)

Réalisation : Bertrand Tavernier
Scénario : Jean Cosmos et Bertrand Tavernier
Dialogues  : Jean Cosmos
Musique  : Oswald d’Andréa
Photographie : Bruno de Keyzer

Avec : Philippe Noiret (Commandant Delaplane), Sabine Azéma (Irène de Courtil)

Les plans français de la fin du film furent tournés dans le domaine que Philippe Noiret possédait à Turcy, sur la commune de Montréal, dans l’Aude. (Source : fr.wikipedia.org/wiki/La_Vie_et_rien_d’autre)

Posted in: Cinéma (FR), Citations (FR), Littérature (FR)

Leave a Comment (0) →

Alexander Tsymbalyuk – VERDI – Silva’s Aria (Ernani) – Live 2007

Video (2007, 6 min) – The Cabaletta starts at 3:18

Concert of the winners of Tchajkovsky contest 2007
Alexander Tsymbalyuk (Ukraine) – 1st price
Giuseppe Verdi: Ernani (1844) , Aria and Cabaletta of Don Ruy Gomez de Silva (bass)
“Che mai vegg’io!” / “Infelice!… E tuo credevi” / “L’offeso onor, signori” / “Infin che un brando vindice”

Source: www.youtube.com/watch?v=5fNqTcNGn-w

Silva
Che mai vegg’io! Nel penetral più sacro

di mia magione, presso a lei che sposa
esser dovrà d’un Silva,
due seduttori io scorgo?
Entrate, olà, miei fidi cavalieri.
(Entrano cavalieri e famigli, Giovanna ed Ancelle.)
Sia ognun testimon del disonore,
dell’onta che si reca al suo signore.
(fra sé)

(Infelice!… e tuo credevi
sì bel giglio immacolato!…
Del tuo crine fra le nevi
piomba invece il disonor.
Ah! perché l’etade in seno
giovin core m’ha serbato!
Mi dovevan gli anni almeno
far di gelo ancora il cor.)


(a Carlo ed Ernani)

L’offeso onor, signori,
inulto non andrà.
Scudieri, I’azza a me, la spada mia…
I’antico Silva vuol vendetta, e tosto…

Infin che un brando vindice
resta al vegliardo ancora;
saprà l’infamia tergere
o vinto al suol cadrà!
Me fa tremante il subito
sdegno che mi divora…
cercando il sen del perfido
la man non tremerà.

Source : opera.stanford.edu/Verdi/Ernani

Alexander Tsymbalyuk - Hamburg, 28 Sept 2010 - Photo © Henriette Mielke / Creative Commons
Liens utiles :

Alexander Tsymbalyuk / Askonas Holt
www.askonasholt.co.uk/artists/singers/bass/alexander-tsymbalyuk
Alexander Tsymbalyuk / Facebook
www.facebook.com/tsymbalyuk


Posted in: Musique classique

Leave a Comment (0) →