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L’eau vive est à jamais au temps présent…

Open Book On Wood Background - Photo © Robert Marfin / Photos.com« Quand je me sens vulnérable, j’aime prendre ma voiture et partir vers une ville lointaine, distante d’au moins quelques centaines de kilomètres des trois modestes lieux où vit ma famille ; [...]. Là, je me dépouille de mes systèmes de survie et il y a de fortes chances pour qu’au bout d’un jour ou deux je découvre l’étiologie de ce qui me tracasse, sans jamais oublier que la vie examinée à la loupe ne mérite pas d’être vécue. Le plus souvent, rien de particulier ne me tracasse, du moins rien qui ne soit aussitôt rectifiable, rien d’autre que le besoin de faire un pas de côté loin de ma vie pendant un ou deux jours et de marcher en pays inconnu. Peu après l’aube, équipé d’une carte de la région, je me promène dans les champs déserts, les canyons, les bois, mais de préférence près d’un torrent ou d’une rivière, car depuis l’enfance j’aime leur bruit. L’eau vive est à jamais au temps présent, un état que nous évitons assez douloureusement. J’ai toujours privilégié les lieux sans qualités pour des raisons d’anonymat. Et que l’on soit en pays inconnu, même modestement inconnu, hausse le niveau de l’attention, peut-être pour des raisons génétiques. Qui vient ici ? Pas grand monde. »

Jim Harrison, En marge : Mémoires (2002)

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